MYCÉDANSE
Mycé comme Mycélium.
Le Mycélium est la partie cachée des champignons.
C’est la partie racinaire, le corps enterré et les champignons sont la partie émergée et reproductive.
C’est un vaste réseau de filaments qui se dépolie sur de grandes étendues sous terre.
Le mycélium relie les racines d’arbres et plantes entre elles et permet l’échange de nourritures et d’informations.
Enracinement
Il y a des millions d’années, les algues sont sorties de l’eau pour s’installer sur terre.
Elles n’avaient pas de racines et se sont raccordées au mycélium pour pouvoir se nourrir.
Ce sont les ancêtres des plantes, arbres et forêts d’aujourd’hui.
C’est le mycélium qui a appris aux plantes à développer leurs racines.
Mycédanse est une danse, un mouvement qui invite à revenir à la maison, à se sentir chez soi, dans son corps et sur Terre.
Danser pas seulement pour se connecter à ses racines mais pour s’enraciner.
Flexibilité
Le mycélium a survécu bien avant l’humanité
et a traversé de nombreuses et profondes transformations de la Terre.
C’est un réseau en mouvement constant qui s’adapte à son environnement.
Souple et curieux, le mycélium se transforme, se remodèle
et change de direction encore et encore.
Mycédanse invite à se mettre en mouvement, à explorer et rester curieux de ce qui émerge dans la danse.
Queer
Le mycélium appartient à la famille des fungis qui ne sont ni animal, ni végétal.
Il est compliqué de les mettre dans une case
et leur mode de vie donne du fils à retorde pour les classifier.
Le mycélium présente des qualités non-binaires et queers.
Mycédanse invite à sortir du moule, à danser en dehors des sentiers battus, à sortir du placard et célébrer nos identités queer et en dehors des normes.
Entremêlement
Le mycélium n’a pas de centre de contrôle, pas de cerveau séparé du corps, tout est entremêlé et horizontal.
C’est un tissage souterrain qui relie les plantes et les arbres entre elleux.
Les racines s’entrelacent : nourritures et informations sont partagées.
La vie dépend du collectif et non de l’individu.
Mycédanse invite à se décentraliser, à réconcilier notre mental et notre corps, à se souvenir de notre entremêlement à la Terre, à faire corps.
Ancestral
Un des rôles essentiels du Mycélium c’est la décomposition des matières organiques, (et aussi du plastique dans certains cas) et la régénération des sols.
Le Mycélium découd et recoud, il dissout et recréer.
Ce cycle de mort et de régénération millénaire lui donne une forme d’immortalité.
Les filaments du Mycélium sont comme les fils d’une toile qui relie les êtres entre elleux ;
qui tisse un lien entre les mort.e.s et les vivant.e.s dans sa toile souterraine.
Le mycélium est la mémoire et la trace de l’histoire du sol.
C’est un labyrinthe souterrain.
Mycédanse invite à danser avec nos ancêtres fongiques, encore vivants, discrètement, sous nos pieds. Danser pour composter nos conditionnements et rétablir notre lien à la mort et aux mort.e.s.
Pour explorer plus en profondeur la mort et mettre ses deuils en mouvement, je vous invite à aller voir les danses compost.
Quelle est mon approche de la DMT ?
Mon approche de la DMT est éclectique et se nourrie de mes expériences vécues et dansées.
Féministe : J’ai été formée avec une approche féministe que j’ai continué à développer et à affiner dans la prise en compte de l’intersection des oppressions. Cette pratique de déconditionnement est un mouvement constant, qui ne cesse de se remettre en question.
Dans les séances, nous pouvons donc explorer le corps politique : où l’on se situe dans le paysage social, quel impact cela peut avoir sur notre vécu et notre rapport au corps, comment on danse avec le système.
L’expérience individuelle est donc considérée dans son entremêlement systémique. Comment, par exemple, les traumatismes peuvent être vécus individuellement, et aussi se retrouver dans les lignées transgénérationnelles et collectivement dans la société. Et comment les systèmes d’oppressions peuvent être responsables et complices de ces traumatismes.
Mon approche de la DMT féministe s’appuie sur la non neutralité des corps et amène une dimension systémique dans le processus thérapeutique. Permettant ainsi un processus d’encorporation qui prend bien en compte les corporéalités de chacun.e. pour un empouvoirement et une libération des corps.
Queer : La DMT réconcilie la séparation binaire du corps et de l’esprit. Elle incarne donc une forme de fluidité et de non-binarité (dans le sens large du terme). La DMT peut accompagner le chemin de coming in & out (peu importe l’âge, les late bloomer sont les bienvenu.e.s). La DMT est un espace pour sortir des normes de genres et d’orientations sexuelles, pour explorer son corps queer, dans son lien à soi, aux autres et au monde.
Pour danser au-delà des normes et avec les lettres LGBTQIA+ sachant que le + rappelle le mouvement constant de nos identités, la fluidité de nos corps.
Je pratique une DMT affirmative, c’est-à-dire qui soutien et valide l’identité de chacun.e.
Écospirituel : La spiritualité peut recréer cette même séparation du corps et de l’esprit sous d’autres formes. L’intention est donc d’amener la spiritualité dans le corps et dans la matière, de les réconcilier. Pour une spiritualité encorporée, qui prend en compte les corps et le système politique dans lequel ils s’inscrivent.
Je respecte les courants spirituels et les cultures de chacun.e, et intègre les questions spirituelles dans la thérapie.
Dans ce contexte, la DMT peut être vécue comme un espace d’exploration, d’ouverture, de relation. Pour danser avec la Terre, les saisons, les cycles, la mort et les ancêtres humains et non-humains.
Il y a aussi la possibilité de co-créer des rituels sur-mesure en fonction des besoins de chacun.e. Des rituels qui marquent nos changements de peau, de vie, de saison.
Rêves et symboles : Le langage des rêves et des symboles, c’est ma troisième langue (avec l’anglais et le français). Je suis passionnée par ces portes de l’imagination, qui permettent de changer l’histoire, la réécrire, créer d’autres possibles et se rêver en dehors des normes.
Le domaine des rêves et de l’imagination a aussi été dénigré par la rationalité cartésienne. Il y a une forte coupure entre le réel et l’imaginaire mettant ce qui est considéré comme réel au premier plan et relayant à l’arrière-plan l’inconscient et les rêves.
Pourtant les rêves, dans de nombreuses cultures et à travers le temps, ont une place centrale dans la communauté, les prises de décision et les pratiques de soin.
Dans ma pratique de la DMT, qui fait partie des thérapies artistiques et créatives, les rêves et l’imagination sont les bienvenus dans le processus thérapeutique. L’intention est de co-créer un lien avec ses rêves, de dialoguer avec l’inconscient, de déployer son imagination et d’encorporer ses rêves.
Storytelling : Même si la DMT part du corps en mouvement, les histoires qui conditionnent nos corps et nos relations sont aussi importantes. Qui raconte l’histoire ? Quelles narrations dominent ? Les voix de l’oppression sont écrasantes. Comment faire entendre d’autres voix ? Celles qui coulent sous terre comme une source souterraine. Et pas seulement avec des mots mais avec nos corps en mouvement, déterrer les histoires enfouies et les réécrire.
À travers la DMT, nous pouvons aussi explorer le folklore et les contes d’un point de vue queer, écologique et déconditionné. Pour se reconnecter à la transmission orale, revisiter et incarner ces histoires.
Costumes : Ayant une formation de costumière, il est possible de co-créer des costumes et des masques fabriqués à partir de matériaux recyclés (dans une démarche écologique et économique). Pour faire naître des êtres hybrides, mi-humain, animal et végétal, transe-espèce. Pour, comme dans les carnavals, inverser les rôles, se jouer des performances sociales et transgresser les normes (de genre, de classe…) Pour encorporer différentes parts de soi, s’amuser, se surprendre, se découvrir et se rencontrer.
Le corps et le mouvement sont les mediums principaux de la DMT et j’ouvre aussi la porte à d’autres formes artistiques comme le dessin, le collage, l’écrit, la couture etc.
Ces différentes approches de la DMT me permettent de m’adapter aux besoins de chacun.e, de pouvoir être à l’écoute et de rencontrer chaque personne où elle est.
La DMT est une pratique en perpétuel mouvement, jamais figée, je reste curieuse de ce qui émerge quand le corps se met en mouvement.
La relation thérapeutique se co-crée dans ce mouvement pour revenir au corps, lui laisser la place de s’exprimer et à partir de là, explorer notre manière d’être au monde.